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Retour au travail : un enjeu clé pour le maintien dans l'emploi

  • il y a 2 jours
  • 5 min de lecture

Le retour au travail d’un salarié après un arrêt peut susciter un soulagement, mais aussi des inquiétudes et de nombreuses questions, en particulier après une longue absence pour raison médicale.

La reprise du travail peut constituer une période de transition et nécessiter des aménagements de poste ou du temps de travail, des restrictions médicales, et dans certaines situations, un reclassement pourra s’avérer inévitable.

Anticiper et accompagner cette reprise s’inscrit pleinement dans une démarche de prévention de la désinsertion professionnelle (PDP).

Une femme blonde qui sourit

Prévention de la désinsertion professionnelle : de quoi parle-t-on ?


La désinsertion professionnelle désigne le risque pour un salarié de ne plus pouvoir se maintenir en emploi, notamment en raison de problèmes de santé ou de conditions de travail inadaptées.


La prévention de la désinsertion professionnelle (PDP) consiste à repérer ces situations le plus tôt possible et à mettre en place des solutions pour favoriser le maintien dans l’emploi ou le retour au travail.

Bon à savoir | Depuis la loi Santé au travail du 2 août 2021, la PDP fait partie des missions essentielles des services de prévention et de santé au travail (SPSTI).

Maintien dans l'emploi : anticiper la reprise pendant l'arrêt de travail

Plutôt que d’attendre le jour du retour, il est recommandé d’anticiper la reprise grâce à plusieurs dispositifs mobilisables en amont.


Le rendez-vous de liaison : maintenir le lien sans aborder le médical

Organisé pour les arrêts de plus de 30 jours, ce rendez-vous :


  • Peut être organisé entre le salarié et l'employeur, avec la possibilité d'associer le service de prévention et de santé au travail (SPSTI)

  • Peut être proposé par l'employeur ou demandé par le salarié

  • Reste facultatif

  • N’est pas une visite médicale


Son objectif :

  • Maintenir le lien avec l’entreprise

  • Informer sur les dispositifs mobilisables (pré-reprise, actions de prévention de la désinsertion professionnelle, ...)

Important | L’enjeu n’est pas d’aborder la pathologie ou les éléments médicaux, qui relèvent du secret médical, mais de préparer les conditions d’un retour au travail durable et sécurisé.

La visite de pré-reprise : préparer les conditions du retour

Réalisée pendant un arrêt de travail de plus de 30 jours, la visite de pré-reprise peut être demandée par le salarié, le médecin ou l’Assurance maladie.


Elle permet d’anticiper la reprise dans les meilleures conditions, notamment en identifiant :

  • les éventuelles difficultés de retour à l’emploi,

  • les aménagements possibles du poste (horaires, organisation, télétravail…),

  • ou encore la mise en place d’une reprise progressive, voire d’un reclassement si nécessaire.

À noter que la visite de pré-reprise ne vaut pas, à elle seule, visite de reprise : l’organisation d’une visite de reprise reste la règle lorsque les conditions réglementaires sont réunies, sauf cas de dispense prévu par les textes.

Réglementation : ce qui évolue en 2026 

Depuis le décret n° 2026-503 du 12 juin 2026, applicable aux arrêts de travail prescrits à compter du 15 juin 2026 :


  • L’employeur est informé de l’organisation d’une visite de préreprise, même en l’absence de recommandations du médecin du travail, sauf opposition du salarié.

  • Le décret prévoit également qu’une visite de reprise n’est pas requise si le salarié a bénéficié d’une visite de pré-reprise dans les 30 jours précédant sa reprise effective et si le médecin du travail a conclu qu’aucune mesure d’aménagement, d’adaptation ou de transformation du poste, ni aucun aménagement du temps de travail, n’était nécessaire.

  • Cette dispense ne s’applique pas si le médecin du travail, l’employeur ou le salarié demande l’organisation d’une visite de reprise.



La visite de reprise : une obligation dans certaines situations

La visite médicale de reprise n’est pas systématique, mais elle est obligatoire notamment :


  • Après un arrêt ≥ 60 jours (maladie ou accident non professionnel)

  • Après un accident du travail ≥ 30 jours

  • Après une maladie professionnelle (quelle que soit la durée)

  • Après un congé maternité


Le médecin du travail évalue la compatibilité du poste avec l’état de santé et peut proposer des mesures d’aménagement, d’adaptation du poste ou du temps de travail, ou étudier les possibilités de reclassement si nécessaire.


D’autres leviers pour sécuriser le retour

Selon la situation, d’autres leviers peuvent être envisagés avec l’appui du service de prévention et de santé au travail : visite à la demande du salarié ou de l’employeur, temps partiel thérapeutique, essai encadré, étude de poste, accompagnement social, intervention ergonomique, accompagnement psychologique ou réflexion autour d’un projet de reconversion.

Chaque situation doit être analysée individuellement, en tenant compte de l’état de santé du salarié, des contraintes du poste, de l’organisation de l’entreprise et des possibilités d’aménagement.

Comment l’employeur peut favoriser une reprise réussie ?

Une reprise réussie repose sur anticipation, dialogue et bienveillance.


L’employeur peut notamment :


  • Informer le salarié de l’existence du rendez-vous de liaison

  • Encourager, lorsque la situation le justifie, la réalisation d’une visite de pré-reprise

  • Anticiper les adaptations possibles du poste ou de l’organisation 

  • Associer les ressources humaines et le manager de proximité

  • Veiller à ne pas créer de pression pendant l’arrêt

  • Préparer l’accueil du salarié lors de son retour


Dans certains contextes, comme un burn-out, une maladie longue durée ou un accident, le retour peut aussi générer des inquiétudes ou des incompréhensions au sein du collectif de travail. Il peut alors être utile de clarifier l’organisation, de rappeler les principes de confidentialité et de prévenir les comportements stigmatisants.


L’appui de la cellule PDP de l’AMET pour les situations complexes

Certaines situations nécessitent un accompagnement renforcé, notamment lorsque la reprise paraît incertaine, que le poste ne semble plus compatible avec l’état de santé du salarié, que les restrictions sont importantes ou que plusieurs acteurs doivent être coordonnés.


Le rôle de la cellule PDP

L'AMET dispose d’une cellule de prévention de la désinsertion professionnelle, ou cellule PDP.


Cette cellule pluridisciplinaire a pour mission de repérer les situations individuelles à risque, de proposer des actions de sensibilisation, de contribuer à la recherche de mesures d’aménagement ou d’adaptation du poste, et de participer à l’accompagnement du salarié concerné.


Le Code du travail prévoit que cette cellule travaille en lien avec l’employeur, le travailleur et différents partenaires du maintien en emploi lorsque la situation le nécessite.


Une équipe pluridisciplinaire à votre écoute

Médecin du travail

Infirmier en santé au travail

Conseiller maintien en emploi

Assistant social

Psychologue du travail

Ergonome

Cette équipe pluridisciplinaire peut :


  • Analyser la situation de travail

  • Proposer des aménagements

  • Accompagner le maintien en emploi

  • Coordonner les acteurs (employeur, salarié, partenaires…)

  • Orienter vers des dispositifs externes (Cap emploi, Agefiph, Assurance maladie…)


Quand solliciter la cellule et comment la contacter ?

Dès qu’une situation de maintien en emploi devient complexe, qu’un risque d’inaptitude est pressenti, qu’un aménagement de poste paraît nécessaire ou qu’un accompagnement pluridisciplinaire semble utile.

Le retour au travail après un arrêt maladie est un enjeu humain, social et économique. En misant sur l’anticipation, le dialogue et l’adaptation, il est possible de favoriser un maintien en emploi durable et bénéfique pour tous.


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