Dry January : et si janvier devenait plus clair ?
- AMET Santé au Travail
- 5 janv.
- 6 min de lecture
Et si janvier devenait l’occasion de faire une pause simple, bienveillante, sans pression ? Le Dry January n’est pas un défi héroïque ni une discipline stricte : c’est un moment pour reprendre un peu de recul sur sa consommation d’alcool. C’est aussi rejoindre un mouvement collectif qui encourage à écouter son corps et à mieux se connaître.

Des chiffres alarmants
Source : Santé Publique France, OFDT et Dry January
Même si la consommation d’alcool baisse légèrement en France, l’impact sur la santé reste majeur. En 2023, elle a entraîné plus de 307 000 hospitalisations et plus de 49 000 décès chaque année.
Pourtant, une bonne nouvelle se dessine : grâce au Dry January, 57 % des participants n’ont pas bu un seul verre courant janvier de l’année 2025 et 62 % continuent de boire moins trois mois plus tard. Preuve qu’un simple mois de pause peut vraiment faire la différence.
Tout savoir sur l’alcool
Le terme « alcoolisme » est souvent utilisé pour parler d’une consommation excessive et incontrôlée d’alcool. Mais il manque de précision. C’est pourquoi l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) préfère parler d’alcoolodépendance, un terme qui souligne le caractère addictif de l’alcool.
Pourquoi boit-on ?
Les effets de l’alcool varient selon la quantité consommée et la personne.
Les effets recherchés Plaisir, ivresse, euphorie, apaisement, désinhibiteur, etc.
Les effets réels
Ivresse avec excitation, troubles de l'équilibre, diminution des réflexes, perte de contrôles, agressivité, etc.
Le bringe driking : le nouveau phénomène qui inquiète Cette consommation rapide et massive d’alcool dans le but de s’enivrer le plus rapidement possible, touche surtout les jeunes et se produit souvent lors de fêtes ou événements sociaux. Cette consommation ponctuelle excessive a des risques immédiats : accidents de la route, violences physiques ou sexuelles, coma éthylique, traumatismes, et dans certains cas, des décès. |
Pourquoi devient-on dépendant ?
La dépendance à l’alcool résulte de la rencontre entre plusieurs facteurs :
Le produit lui-même : la consommation d’alcool peut entraîner une dépendance et provoquer des problèmes de santé, psychologiques ou sociaux
Les facteurs individuels : la génétique, la biologie et l’état psychologique de chaque personne jouent un rôle.
L’environnement : la famille (son fonctionnement et ses habitudes de consommation), la société (habitudes culturelles, âge, sexe, groupe social) et le milieu professionnel peuvent influencer le risque de dépendance
Comment évaluer sa consommation d’alcool ?
Pour y voir clair, on utilise le verre standard : qu’il s’agisse d’une bière, d’un verre de vin, d’un whisky ou d’une vodka-orange, chacun contient environ 10 g d’alcool pur.
Cette équivalence fonctionne seulement si chaque boisson est servie dans le verre adapté : un verre à vin rempli comme un verre à porto ou un verre à apéritif peut contenir plus ou moins d’alcool que prévu.

Prémix et boissons énergisantes : vigilance ! Leur goût sucré ou stimulant masque l’alcool, ce qui peut pousser à en consommer beaucoup, provoquant accidents, comportements à risque ou dépendance. |
Alcool et santé
L’alcool peut provoquer des maladies digestives, neurologiques ou cardiovasculaires, des cancers et des troubles cognitifs :
Alcool & cancer : bouche, larynx, estomac, foie, sein, etc.
Alcool & maladies cardiovasculaires : hypertension artérielle, AVC, troubles du rythme cardiaque, etc.
Alcool & troubles digestifs : gastrite, hépatite aiguë alcoolique, etc.
Alcool & santé mentale : troubles de la mémoire et anxieux, perte de repères, dépression, etc.
Grossesse et alcool
Pendant une grossesse, il est fortement recommandé de ne consommer aucun alcool, de la conception jusqu’à la naissance. L’alcool traverse directement le placenta et peut perturber le développement du bébé, même en petite quantité. Il n’existe aucun niveau de consommation sans risque : un seul verre peut entraîner des conséquences durables. Si l’arrêt est difficile, un professionnel de santé peut aider.
Alcool et travail
Le travail peut contribuer à déclencher, maintenir ou aggraver la consommation d’alcool.
Quelle soit occasionnelle ou régulière, la consommation d'alcool augmente le risque d'accidents au travail. Elle est particulièrement dangereuse pour certaines tâches : conduite de véhicules, travail en hauteur, utilisation d'outils ou de machines dangereuses. Même une petite quantité d'alcool peut réduire la vigilance et la coordination, mettant en danger le salarié et des tiers. |
Le cadre réglementaire
Que dit le Code du Travail ?
Article L. 4121-1 L’employeur prend les mesures nécessaires pour assurer la sécurité et protéger ses salariés.
Article L. 4122-1 Chaque travailleur doit prendre soin de sa santé, de sa sécurité ainsi que de celles des autres.
Article R. 4228-21 Il est interdit de laisser entrer ou séjourner au travail des personnes en état d’ivresse.
Article R. 4228-20 Aucune boisson alcoolisée, autre que le vin, la bière, le cidre et le poiré n’est autorisée au travail.
L’employeur peut également limiter ou interdire l’alcool, à condition de :
Le mentionner dans le règlement intérieur ou une note de service
Le justifier par la nature de l’activité
Mettre en place des mesures proportionnées à l’objectif recherché
Agir face à un salarié en difficulté
Prévenir l’alcool au travail, ce n’est pas seulement protéger la sécurité et la santé : c’est investir dans un environnement où chacun peut travailler sereinement et donner le meilleur de lui‑même.
Phase 1 : PRÉVENIR | Phase 2 : INTERVENIR | Phase 3 : AGIR |
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La démarche de prévention
Prévenir les risques liés à l’alcool et aux autres substances addictives au travail repose sur une démarche structurée :
Préparer la démarche (voir la fiche etat des lieux)
Évaluer les risques liés aux conduites addictives
Élaborer un programme d’actions de prévention
Mettre en œuvre un plan d’actions
Évaluer et suivre les indicateurs
Dry January : un mois pour faire le point
Réduire sa consommation d’alcool
Pour réduire ou arrêter l’alcool, commencez par observer vos habitudes et fixer des objectifs réalistes : boire moins souvent, limiter le nombre de verres, prévoir des jours « sans alcool ». Pendant les soirées, alternez boissons alcoolisées et non alcoolisées, mangez en même temps et évitez de boire seul. Si nécessaire, consultez un professionnel de santé ou contactez des ressources comme Alcool Info Service pour un accompagnement adapté.
Besoin d’aide face à l’alcool ?
Plusieurs ressources sont disponibles pour accompagner ceux qui souhaitent réduire ou arrêter leur consommation :
Professionnels de santé : médecin traitant, médecin du travail, thérapeute, addictologue, etc.
Structures spécialisées : CSAPA, hôpitaux, centres d’accompagnement
Associations et groupes de soutien : Alcooliques Anonymes, Association Addiction France, etc.
Numéros d’écoute et services en ligne :
Alcool Info Service : 0 980 980 930
Fil Santé Jeunes : 0 800 235 236
Programmes de prévention : Dry January, Santé publique France, l’Assurance Maladie, Addict'Aide Pro, etc.
AMET Santé au Travail vous accompagne
L’AMET propose aux entreprises et à leurs salariés un accompagnement complet et personnalisé. Voici les dispositifs mis en place :
Bilan de consultation en entreprise : Lors de la consultation en entreprise, un expert en addictologie rencontre le salarié pour faire un point avec lui afin de connaître ses motivations personnelles et ses freins.
Stand d’information en entreprise : Il s’agit d’un espace dédié à la sensibilisation, à la prévention et à l’accompagnement des salariés sur diverses questions liées à la santé et au bien-être.
Conférences de groupe en entreprise : Ce moment privilégié permet de sensibiliser l’ensemble des salariés aux risques d’alcoolodépendance sur la santé. Cette conférence offre un cadre collectif pour aborder les enjeux liés à l’alcool et initier des démarches




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