Endométriose : en parler aujourd'hui pour mieux la détecter demain
- il y a 3 jours
- 4 min de lecture
Maladie encore trop incomprise, l’endométriose concerne près d’1 femme ou une personne menstruée sur 10. Souvent invisible, elle peut pourtant entraîner des répercussions importantes sur la santé, la vie quotidienne et professionnelle.
Mieux la comprendre, c’est déjà mieux accompagner les personnes concernées et agir en faveur de la prévention et du maintien dans l’emploi.

Mieux comprendre l’endométriose
L’endométriose est une maladie inflammatoire et chronique. Elle se caractérise par la présence, en dehors de la cavité utérine, de tissus semblables à la muqueuse de l’utérus (endomètre). Sous l’influence des hormones, ces tissus réagissent comme l’endomètre : ils peuvent saigner, entraînant la formation de lésions et divers troubles. Ces saignements contribuent à un environnement inflammatoire. L’inflammation joue un rôle central et est responsable des douleurs parfois invalidantes ainsi que des troubles associés.
Il n’existe pas une forme unique d’endométriose, mais des endométrioses, dont les manifestations varient d’une personne à l’autre :
Endométriose superficielle : c’est la forme la moins sévère mais elle peut être tout aussi douloureuse
Endométriose ovarienne : ce sont des kystes qui se greffent sur 1 ou 2 ovaires
Endométriose pelvienne profonde : les lésions pénètrent de plus de 5mm dans le péritoine ou les organes abdominaux
Douleurs, fatigue… comment reconnaître les signes ?
Les manifestations de l’endométriose sont très variables. Certaines femmes présentent peu de symptômes, d’autres peuvent être très impactées.
Les symptômes les plus fréquents sont :
Douleurs pelviennes intenses et invalidantes (dans 70% des cas)
Règles très douloureuses et parfois abondantes
Douleurs lors des rapports sexuels
Troubles digestifs (ballonnements, douleurs, troubles du transit)
Fatigue
Endométriose & fertilité
L’endométriose ne rime pas systématiquement avec infertilité. Néanmoins, elle ne crée pas un environnement favorable à la fécondation et reste l’une des principales causes d’infertilité, dans 30% des cas.
Si la grossesse ne vient pas spontanément, des techniques d’assistance médicale à la procréation (AMP) peuvent être proposées :
Stimulation de l’ovulation
Insémination artificielle
Fécondation in vitro
À retenir. La grossesse entraine une « mise en sommeil » des lésions mais ne guérit pas l’endométriose. |
Ce que l’on sait aujourd’hui sur les facteurs de risque
Certains facteurs semblent augmenter le risque de développer la maladie, notamment :
Des antécédents familiaux d’endométriose
Certaines particularités de l’appareil génital
Une réaction inhabituelle de l’organisme face à l’inflammation
Une exposition à des substances (perturbateurs endocriniens, polluants environnementaux, etc.) qui perturbent le fonctionnement hormonal
Des règles fréquentes, abondantes ou des cycles menstruels courts
Gérer la douleur au quotidien
Certaines mesures peuvent aider à mieux vivre avec la maladie :
Pratiquer une activité physique douce Yoga, natation, marche |
Adopter une alimentation équilibrée visant à réduire l’inflammation Fruits, légumes, oméga 3 et fibre. Limiter le gluten, les produits laitiers et sucrés. |
Préserver un rythme de sommeil régulier Inclure des périodes de repos durant la journée |
Limiter l’alcool, le tabac et les excitants |
Apprendre à gérer le stress |
Se faire accompagner par un professionnel de santé |
Petite astuce ! La chaleur d’une bouillotte peut aider à détendre les muscles. |
Comment poser le diagnostic ?
Le diagnostic repose avant tout sur une évaluation médicale approfondie, réalisé par un médecin généraliste, un gynécologue ou une sage-femme. Il s'appuie sur :
La nature des douleurs, leur intensité, fréquence et durée
Les symptômes associés (digestifs, urinaires, sexuels, fatigue…)
Des examens d’imagerie peuvent être prescrits :
Échographie pelvienne ou endovaginale
IRM
Examens complémentaires selon les symptômes
À retenir. Le diagnostic de l’endométriose est souvent long (en moyenne 7 ans). En cas de doute, il est recommandé de consulter un gynécologue spécialisé ou un centre expert. |
Quels traitements ?
Il n’existe pas de traitement unique de l’endométriose. La prise en charge est personnalisée et peut associer :
Des traitements médicamenteux (antalgiques, anti-inflammatoires, traitements hormonaux)
Des approches non médicamenteuses (activité physique adaptée, relaxation, sophrologie, hypnose, soutien psychologique…)
Une prise en charge chirurgicale dans certains cas (coelioscopie)
Sur prescription médicale, des dispositifs et soins complémentaires : neurostimulation électrique transcutanée (TENS), cures thermales et programmes d’activité physique adaptée
Quand la maladie touche le travail
Selon l’enquête EndoVie (2020), 65 % des femmes atteintes d’endométriose estiment que la maladie a un impact négatif sur leur vie professionnelle.
Les difficultés rencontrées peuvent inclure :
Douleurs liées aux postures prolongées ou aux mouvements
Besoin fréquent d’accès aux toilettes
Baisse de concentration et fatigue importante
Diminution de la capacité de travail
Sentiment de gêne, de culpabilité ou d’isolement
Quel rôle pour l’employeur et le service de santé au travail ?
L’employeur, en lien avec le service de santé au travail, joue un rôle clé dans le maintien en emploi. Des actions simples peuvent faire la différence :
Instaurer une écoute attentive et une communication ouverte
Proposer une flexibilité et une adaptabilité
Proposer un aménagement de poste de travail
Ex : bureau individuel, télétravail, position assise, etc.
Proposer un aménagement de l’activité de travail
Ex : limiter les déplacements extérieurs, équilibrer la charge de travail, etc.
Le médecin du travail peut évaluer la situation, proposer des aménagements adaptés, conseiller l’employeur et accompagner la salariée en toute confidentialité.
Une reconnaissance qui permet d’agir concrètement
Selon les situations, l’endométriose peut être reconnue comme maladie chronique, handicap invisible, ou bénéficier d’une reconnaissance en Affection Longue Durée (ALD). Ces dispositifs peuvent faciliter la mise en place d’aménagements et améliorer le suivi médical et professionnel.
Vers qui se tourner ?
Parler de la maladie à son médecin traitant, son gynécologue ou le médecin du travail est une étape essentielle. Des associations et organismes spécialisés peuvent également accompagner les femmes concernées.
Votre service de santé au travail - AMET Santé au Travail | Le médecin du travail peut évaluer la situation, proposer des aménagements de poste, réaliser des études de poste, accompagner pour la réalisation d’un dossier de Reconnaissance de la Qualité de Travailleur Handicapé (RQTH), sensibilisation individuelle (visite d’information et de prévention) ou collective (webinaires) |
EndoFrance | Association nationale dédiée à l’endométriose. Elle propose des informations fiables, un accompagnement, des groupes de parole, des conseils pratiques pour le quotidien et des ressources pour mieux gérer la maladie. |
Ministère de la santé | Autorité publique française en charge de la santé publique et des politiques de soins. Il pilote des programmes nationaux sur l’endométriose, finance la recherche, diffuse des recommandations et coordonne les filières de prise en charge spécialisées. |
ANACT | Agence publique qui accompagne les entreprises et salariés pour prévenir les risques et améliorer les conditions de travail. |
D’autres solutions pour vous accompagner
Thérapies | Aide à gérer l’anxiété, la dépression ou l’impact sur la vie intime (possibilité de prise en charge via le dispositif monpsy) |
Application LYV ENDO | Boîte à outils pluridisciplinaire conçue avec des professionnels de santé experts de l'endométriose |




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