Risque routier professionnel : un enjeu majeur de prévention pour les entreprises
Voiture, véhicule utilitaire léger, deux-roues motorisé, vélo, trottinette électrique ou encore déplacements piétons : tous les modes de déplacement peuvent être concernés. Dès lors qu’un accident survient à l’occasion du travail (accident de mission) ou sur le trajet entre le domicile et le lieu de travail (accident de trajet), l’entreprise est directement ou indirectement concernée.

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Un risque professionnel à ne pas sous-estimer
Le risque routier est un risque souvent sous-évalué car il se situe à la frontière entre vie professionnelle, organisation du travail et comportements individuels. Pourtant, ses conséquences peuvent être graves : blessures, handicap, arrêt de travail prolongé, désorganisation de l’activité, remplacement du salarié, hausse des cotisations AT/MP, impact assurantiel, voire mise en cause de la responsabilité civile ou pénale de l’entreprise.
Dans le cadre d’un déplacement professionnel, la conduite est une activité de travail à part entière. L’employeur doit donc l’intégrer dans sa démarche globale de prévention, au même titre que les autres risques professionnels.

Évaluer le risque routier dans le DUERP
Lorsque des salariés sont amenés à se déplacer pour leur travail, le risque routier doit être évalué dans le Document Unique d’Évaluation des Risques Professionnels. Cette évaluation doit permettre d’identifier les situations à risque : trajets fréquents ou longs, délais d’intervention serrés, conduite de nuit, utilisation du téléphone, véhicules inadaptés ou mal entretenus, transport de charges, fatigue, intempéries, circulation dense ou encore recours à des deux-roues ou trottinettes.
L’objectif n’est pas seulement de constater l’existence du risque, mais de définir un plan d’actions concret, adapté à l’activité de l’entreprise.
Organiser les déplacements pour réduire l’exposition
La première mesure de prévention consiste à se demander si le déplacement est indispensable. Lorsque cela est possible, les réunions à distance, la télémaintenance ou le recours aux transports en commun peuvent permettre de limiter l’exposition au risque routier.
Lorsque le déplacement est nécessaire, il doit être organisé en amont : temps de conduite réaliste, pauses intégrées, limitation du nombre de kilomètres journaliers, anticipation des aléas, prise en compte des conditions météorologiques et adaptation des horaires de rendez-vous. Les déplacements de longue distance ou de nuit doivent faire l’objet d’une vigilance particulière, car la fatigue diminue fortement la vigilance et augmente le risque d’accident.

Véhicules : choisir, entretenir, vérifier
La prévention passe également par des véhicules adaptés aux missions confiées. Pour les véhicules légers comme pour les véhicules utilitaires, l’entreprise doit veiller à la sécurité, au confort et à l’entretien régulier : freinage, éclairage, pneumatiques, équipements obligatoires, aides à la conduite, aménagement intérieur, arrimage des charges, respect du poids total autorisé en charge.
Pour les véhicules utilitaires légers, une attention particulière doit être portée au chargement : une cloison de séparation, des systèmes d’arrimage adaptés et un aménagement sécurisé réduisent le risque de projection de matériel en cas de freinage brutal ou d’accident.
Lorsque des salariés utilisent leur véhicule personnel dans le cadre professionnel, les règles doivent également être clarifiées : autorisation, remboursement, assurance, entretien, conditions d’utilisation.

Téléphone au volant : une règle claire
Les communications professionnelles pendant la conduite constituent un facteur majeur de distraction. Même avec un kit mains libres ou Bluetooth, l’attention du conducteur est diminuée. L’entreprise a donc intérêt à définir une règle simple : pas d’appel professionnel pendant la conduite.
Des solutions organisationnelles peuvent être mises en place : plages d’appels programmées, renvoi vers une plateforme ou un collègue, consigne de rappeler uniquement à l’arrêt, utilisation d’un mode conduite ou d’un répondeur.

Sensibiliser et responsabiliser les salariés
La prévention du risque routier repose aussi sur l’information et la sensibilisation régulière des salariés. Les messages peuvent porter sur le respect du Code de la route, la vitesse, l’alcool, les drogues, les médicaments, la fatigue, l’usage du téléphone, l’entretien du véhicule, les spécificités des deux-roues, du vélo ou des trottinettes électriques.
Une charte conducteur peut utilement formaliser les règles internes : organisation des déplacements, utilisation des véhicules, conduite à tenir en cas de panne ou d’accident, interdiction du téléphone au volant, information de l’employeur en cas de suspension ou de perte du permis, règles d’entretien et de remontée des anomalies.




Trajets domicile-travail : agir aussi sur les mobilités
Même si la prévention des accidents de trajet ne relève pas de la même obligation que les déplacements de mission, l’entreprise a tout intérêt à agir. Télétravail lorsque c’est possible, horaires plus souples, incitation aux transports en commun, covoiturage, stationnement sécurisé pour les vélos, accessibilité du site, plan de mobilité employeur : autant de leviers permettant de réduire les risques liés aux trajets quotidiens.

Le rôle du service de prévention et de santé au travail
L’AMET peut vous accompagner dans l’identification du risque routier, l’élaboration ou la mise à jour du DUERP, la rédaction de la fiche d’entreprise, la sensibilisation des salariés et la construction d’actions adaptées à l’activité réelle.
Prévenir le risque routier, c’est protéger les salariés, sécuriser l’activité et renforcer la culture de prévention dans l’entreprise.
5 actions clés pour l’employeur
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